Nous sommes ensuite descendus de 200 kilomètres pour atteindre d’anciennes usines de salpêtre. En effet, dans le désert du nord du Chili et du sud du Pérou, de nombreuses mines de salpêtre ont été exploitées à la fin du XIXème siècle et au début du XXème jusqu’à la création des engrais artificiels. Lorsque l’exploitation des mines n’a plus été rentable, les usines ont fermé et les villes attenantes ont été abandonnées. Deux d’entre elles ont été transformées en musées à ciel ouvert.
Nous sommes arrivés en fin d’après-midi à la Salitera Santa Laura. Nous avons pu voir les bâtiments industriels à moitié délabrés sous un soleil couchant ce qui les rendaient rougeoyant, c’était vraiment sympa !
Le gardien du site nous a autorisés à dormir sur place mais nous avions interdiction de sortir du camping-car après 19 heures car il lâchait ses chiens et que les fantômes envahissent les lieux la nuit !
Le lendemain, nous avons terminé notre visite du site en explorant davantage l’intérieur des bâtiments et en faisant attention à ce que les planches ne nous tombent pas sur la tête.
Puis nous sommes allés à la Salitera Humberstone (de l’autre côté de la route).
A Humberstone, en plus des bâtiments industriels, il existe encore toute une ville, abandonnée bien sûr mais des ouvriers s’affairent pour la rénover et qu’elle ne tombe pas définitivement en ruine.
Les filles ont vraiment beaucoup aimé cet endroit et à les écouter, nous aurions pu y passer la journée entière car elles pouvaient toucher à tout : devenir conductrices de locomotives, plonger dans la piscine (vide), danser sur les planches du théâtre, devenir maîtresses ou élèves à l’école, taper à la machine à écrire, faire la cuisine sur de vieux fourneaux …
Nous sommes allés dormir à Iquique, la ville la plus proche de l’épicentre du tremblement de terre du 1er avril. Cette ville est particulière, elle est coincée entre la montagne et la mer et lorsque nous sommes arrivés, nous la surplombions de très haut. Elle contient aussi de nombreux immeubles, ce qui est assez rare en Amérique du Sud. Nous nous sommes dits que les chiliens maîtrisaient parfaitement les normes antisismiques pour qu’aucun ne se soit écroulé, surtout lorsque l’on a vu les voies d’accès à la ville encore légèrement affaissées par endroit.
Nous avons bivouaqué sur le front de mer, près d’une aire de jeux (comme c’est original !).
Puis nous avons longé la côte à la recherche d’une petite plage déserte et paradisiaque et malgré les centaines de kilomètres parcourus, nous n’avons pas trouvé notre bonheur. Bien sûr, il y a de magnifiques plages mais si elles ne sont pas dans une ville ou un parc national, elles sont jonchées de déchets.
De plus, dans le désert, par définition, il n’y a pas beaucoup d’eau et nous avions du mal à recharger nos réservoirs.
Nous avons donc beaucoup roulé.
Nous avons croisé de nombreux chiliens (en camping-car, en voiture ou en moto) arborant le drapeau de leur pays et se rendant au mondial au Brésil. Plusieurs d’entre eux nous ont fait des signes nous signifiant de faire demi-tour, nous nous trompions de direction ! Cela nous a bien fait rire.